Fondation SADEV

Coopération & Développement

Comores

En 2011, suite à une sollicitation de l’ASCOVI (Association des Migrants Comoriens de Villejuif), une première réunion est organisée dans les bureaux de la Fondation à Villejuif. Lors de cette rencontre, les migrants ont sollicité la Fondation pour un soutien à la commune de Djomani portant notamment sur l’accès à l’eau pour les populations locales, l’appui au développement économique et à la formation professionnelle.

Carte Comores

Dans le cadre de son programme d’action 2014-2019 la Fondation a décidé d’élargir son champs d’intervention en développant un programme aux Comores.

Cette décision fait suite à deux missions exploratoire qui ont pu vérifier la cohérence des besoins exprimés par les migrants avec ceux des populations et des autorités locales et d’identifier les projets prioritaires sur lesquels la Fondation va s’engager.

Lors de ces missions, des contacts ont été pris avec l’Agence Française de Développement (AFD) qui en 2011 a financé des études de faisabilité menées par ANTEA sur la problématique de l’accès à l’eau potable à Grande Comores.

 

 

Ces études identifient notamment des perspectives d’action sur la région Nord-Ouest de l’île dont fait partie Djomani et sa commune.

Durant cette mission, la délégation a pu s’assurer que les actions proposées par l’ASCOVI à la Fondation. La mairie a notamment organisé des ateliers réunissant des représentants de la société civile afin d’exposer les pistes prioritaires d’intervention. De même, la délégation de la Fondation a pu rencontrer le Gouverneur de Grande Comores.

Parmi les différents projets présentés, deux projets principaux ont été retenus, il s’agit :

 

Amélioration durable de l’accès à l’eau potable

Chateau d'eau de Chamlé

Réaliser un réseau fonctionnel adapté aux besoins ainsi que la mise en place d’un service public de l’eau.

L’approvisionnement en Grande Comores est très complexe. En effet, l’ile de Grande Comore ne possède pas de cours d’eau permanents. La structure géologique de l’île, composée de multiples couches de laves basaltiques, est très récente et n’a pas eu le temps de s’éroder considérablement. L’épaisseur du sol est faible et de granulométrie souvent grossière.

Les eaux de pluies ruissellent peu et s’infiltrent en majeure partie dans le sous sol de l’île, jusqu’à atteindre le niveau de la mer. Par différence de densité, l’eau douce repose sur l’eau salée. La très grande pluviométrie sur l’île implique qu’il existe une grande réserve d’eau douce « flottant » sur les eaux souterraines marines.

Or, la structure géologique possède des caractéristiques hydrodynamiques extraordinaires. Il réside au sein de cette structure une diffusivité et une transmissivité très élevées. En d’autres termes, l’onde de la marée va très rapidement se propager dans le sous sol avec une très faible atténuation de son amplitude. De cette façon, l’eau douce va se mélanger avec l’eau de mer pour donner ce que l’on appelle de l’eau saumâtre.

Le puits ONU 28, creusé à la main dans les années 1980 dans le cadre d’un programme du PNUD, est particulier. Situé à l’est d’un axe d‘injection magmatique, il atteint une nappe d’eau souterraine protégée des intrusions salines provenant de l’ouest. La teneur en sels totaux se trouve beaucoup moins élevée que la plupart des autres puits de l’île. Le puits ONU 28 est considéré comme l’un des cinq rares puits jugés « exploitables » sur l’île de Grande Comore.

Le projet prévoit la réalisation, à partir du puits de Chamlé (ONU 28), d’un réseau d’adduction d’eau pour les villages de Chamlé et Djomani.

La construction d’un nouveau réservoir d’une capacité de 320 m3 pour l’ensemble du réseau.

Le programme souhaite faciliter une première campagne de branchements privatifs pour environs 250 concessions ainsi qu’un développement du nombre de bornes fontaines avec une fréquence moyenne d’une borne fontaine pour 150 habitants soit une trentaine de bornes fontaines au total.

Afin d’assurer un approvisionnement équitable de l’accès à l’eau, le prix aux bornes fontaines ne devra pas dépasser le prix aux branchements privatifs. Le recouvrement des consommations des branchements privés s’effectuera mensuellement sur la base des volumes consommés.

Enfin, le projet vise à permettre durant la saison sèche, une amélioration de l’approvisionnement des villages en altitude de Douniani, Helendjé, Koua, Mandza, Mdjoyezi, Vouvouni. Pour ce faire, un mat de remplissage de camions citernes sera installé et la Commune organisera pendant la saison sèche, un service de remplissage de citernes communautaires dans les villages en altitude.

Il est à noter que le puits de Chamlé dessert aujourd’hui huit villages. L’ensemble de l’intervention doit donc se faire en cohérence avec l’approvisionnement de l’ensemble des villages dépendant du puits de Chamlé.

Projet d’insertion et de formation professionnelle

IMGP6233

Contribuer à la qualification et à l’insertion professionnelle des jeunes exclus du système éducatif après le collège et offrir une alternative à l’émigration.

Malgré des avancées socio économiques, l’offre de formation professionnelle dans l’archipel des Comores est particulièrement limitée et peu adaptée aux besoins d’un marché de l’emploi lui-même très mal identifié. Le développement de la Formation Professionnelle est une nécessité pour le développement économique et l’insertion professionnelle et sociale des jeunes.

Cette analyse rejoint celle de l’état comorien qui constate « l’absence d’un réseau actif et adéquat d’enseignement technique et de formation professionnelle susceptible d’offrir des nouvelles opportunités aux jeunes et capable de produire la main-d’œuvre nécessaire à l’essor économique du pays. »

Cette orientation vers les métiers du bâtiment répond à une priorité identifiée localement et comporte deux avantages, le premier est de pouvoir s’appuyer sur des référentiels de formation existants qui faciliteront l’objectif de mettre en place une formation qualifiante ; ensuite cette filière est pertinente en terme de besoins et d’employabilité, en effet, la construction des routes, avec des investissements importants de l’Union Européenne, et les investissements privés dans la construction immobilière devraient permettre au sous-secteur bâtiment et travaux publics de connaître un taux de croissance de 7.5% ces prochaines années (Document d’orientation générale de la Conférence pour le Développement des Comores à Doha).

Le projet prévoit la création d’un centre d’insertion et de formation dans le domaine du bâtiment. Ce centre accueillera, chaque année, 40 jeunes garçons et filles de l’Union des Comores, sortis du système éducatif au niveau de la 3ème. Deux sections sont prévues, préparant un diplôme reconnu de CAP en maçonnerie-charpente, et en Plomberie-électricité. L’organisation de formation ainsi qu’un accompagnement individuel dirigé vers l’objectif d’une insertion professionnelle effective.

Le GREF est partenaire pour l’accompagnement technique et pédagogique du projet. Ses experts bénévoles élaborent le projet pédagogique, rédigent les référentiels en liaison avec l’ENTP d’Anjouan, participent au recrutement, assurent la formation pédagogique des formateurs et les accompagnent pendant les 3 premières années du projet. Ils établissent la liste des outillages et matériels nécessaires aux enseignements. Outre le travail de préparation effectué en France, ils interviennent aux Comores, pour la formation et l’accompagnement lors de 2 missions annuelles de 6 semaines minimum, constituées de deux experts.

Le Gouvernorat de Ngazidja a inscrit ce projet dans son plan de développement de la formation professionnelle de l’île, et doit s’engager à participer par une prise en charge de salaires ou à une mise à disposition d’enseignants.

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Ces axes d’intervention ont fait l’objet d’une première convention entre la Fondation SADEV, la Mairie de Villejuif, la Commune de Nyumamro-Kiblani et les migrants. Dans le contexte particulier de création des communes et en attente de premières élections reconnues, les missions de la Fondation ont pu s’assurer que les représentants actuels de la Commune sont identifiés comme les interlocuteurs de référence par les autorités Comoriennes, aussi bien auprès du Gouvernorat de Ngazidja qu’auprès des ministères du Gouvernement de l’Union. Ces autorités sont favorables au développement d’un partenariat de la fondation avec la Commune de Nyumamro-Kiblani.